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La Vue
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Généralités.
La vue est probablement un des sens auquel nous accordons le plus
d'importance. C'est le sens qui nous permet d'apprécier l'apparence du
monde qui nous entoure. Mais encore, ce que nous voyons est très limité
par rapport à tout ce qu'il y aurait à voir. Par exemple, les serpents
voient surtout dans le spectre de l'infrarouge, c'est-à-dire la chaleur ;
ils distingueront une pierre d'une éponge s'ils sont à des températures
différentes. Mais nous, nous les distinguerons s'ils sont de couleurs
différentes, sans avoir aucune idée de leurs températures. Notre vue
est limitée au spectre du visible ; nous ne voyons pas l'infrarouge ni
l'ultraviolet, et encore moins les ondes radio, les micro-ondes ou les
rayons gamma. |
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Schéma
en coupe de l'oeil. |
Pour bien comprendre le fonctionnement de l'oeil, il faudrait étudier un
peu la physique optique. Mais, contentons-nous de mentionner que l'oeil
fonctionne un peu comme un appareil photo (en fait, c'est probablement l'appareil photo qui ressemble à un oeil). Comme pour l'appareil photo, la
lumière doit passer au travers un système de lentilles (la cornée, le
cristallin et le liquide à l'intérieur de l'oeil) et atteindre une
surface sensible à la lumière (la rétine). Et, comme l'appareil photo,
l'oeil est muni d'un iris qui contrôle la quantité de lumière qui y
pénètre. |
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Le
cristallin.
Le cristallin est la lentille principale de l'oeil. Il y a bien sûr la
convexité de la cornée et les propriétés de diffraction du liquide
oculaire qui participent à la formation de l'image sur la rétine. |
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Vue antérieure (haut) et
équatoriale (bas) du cristallin.

Mise au point, en modifiant
la courbure du cristallin. |
La cornée et le liquide ont des propriétés optiques qui sont fixes. Par
contre, le cristallin est une lentille qui n'est pas solide. Il est
constitué d'une capsule élastique remplie de liquide et de protéines
solubles et transparentes. Ainsi, le cristallin est malléable et peut
donc changer de forme.
Ce sont les muscles lisses ciliés, retenant le cristallin par son
équateur, qui étirent ou relâchent le cristallin, modifiant ainsi sa
courbure. Cela permet de faire la mise au point (foyer) sur les objets
proches et éloignés. C'est principalement les fibres nerveuses
parasympathiques qui innervent ces muscles lisses.
En vieillissant, les protéines de notre cristallin commencent à se
dénaturer et à devenir de plus en plus rigides. Cette perte de souplesse
fait en sorte qu'en vieillissant nous éprouvons de plus en plus de
difficultés à faire la mise au point sur les objets très proches et
très éloignés.
Finalement, à cause de sa forme biconvexe, le cristallin forme une image
inversée sur la rétine. Mais le cerveau interprète ces images et les
redresse. Même que si vous portiez des lunettes qui renversent de nouveau
l'image, votre cerveau s'y adapterait en moins d'une journée et
remettrait les images à l'endroit.

Inversion de l'image par le
cristallin. |
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L'iris.
L'iris est une structure fibreuse et pigmentée située juste devant le
cristallin. C'est la pigmentation de l'iris qui produit la couleur de nos
yeux. Ainsi, certaines personnes ont les yeux bleus, et d'autres les ont
verts, bruns, noirs, ou même pairs lorsqu'ils peuvent changer de couleurs
(le plus souvent, entre le bleu et le vert). |
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Vue antérieure (haut),
postérieure (milieu) et en coupe (bas) de l'iris. |
L'ouverture au milieu de l'iris est la pupille. C'est par cette ouverture
que la lumière entre dans l'oeil, et son diamètre détermine la
quantité de lumière qui peut y pénétrer.
En se contractant et se relâchant, l'iris peut s'adapter à la
luminosité ambiante et ajuster l'ouverture de la pupille. À la noirceur,
l'iris se dilate complètement pour laisser une ouverture pupillaire
pouvant atteindre jusqu'à 8 mm de diamètre, et ainsi laisser passer le
plus de lumière possible. Par forte luminosité, l'iris se contracte
jusqu'au point de ne laisser qu'une ouverture de 1.5 mm de diamètre et ne
laisser passer qu'une petite quantité de lumière. Puisque la luminosité
qui pénètre l'oeil est fonction de l'aire de surface (diamètre au
carré) de cette ouverture, cela donne un facteur d'ajustement d'environ
30 fois.
Comme pour la caméra, la profondeur de champs (profondeur de mise au
point) est supérieure lorsque l'ouverture de la pupille est petite. Donc,
plus il y a de lumière, meilleur sera notre acuité visuelle et mieux
définit nous pparaîtrons les objets. |
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La rétine.
La rétine est comme la pellicule (le film) dans l'appareil photo, elle
constitue la surface sensible à la lumière. |
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La Lumière arrive de ce côté ¯

Schéma de la rétine.

Schéma d'un
photorécepteur.
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La
rétine est arrangée en plusieurs couches. Mais, il semble que ces
couches soient disposées à l'envers. En effet, les cellules sensibles à
la lumière sont pratiquement les plus éloignées, et les cellules
ganglionnaires (celles dont les axones constituent le nerf optique) sont
situées à la surface interne de la rétine. Entre ces couches, il y a
une succession de cellules qui servent soit à raffiner une partie de
l'information visuelle, ou de cellules de soutien. Enfin, la couche de la
rétine la plus éloignée de la lumière est une couche pigmentée. Ces
cellules pigmentées contiennent beaucoup de mélanine (substance noire
qui donne à la peau son teint bronzé ou noir) qui sert à absorber les
rayons lumineux qui n'ont pas été captés par les cellules sensibles et
ainsi prévenir leurs réflexions sur le globe oculaire.
Mais revenons à la couche cellulaire qui est sensible à la lumière.
Cette couche est composée de cônes et de bâtonnets. Les cônes sont
moins sensibles à la lumière que les bâtonnets, mais ils sont de trois
types et captent les couleurs (bleu, vert et rouge). Situé au niveau de
la tache jaune (point central de l'axe optique ; macula lutéa), il y a
une très forte concentration de ces cônes, ce qui confère au centre de
notre champs visuel une acuité particulière. Les bâtonnets, quant à
eux, sont très sensibles à la lumière mais ne distinguent pas les
couleurs, de sorte que le soir notre vision est surtout en noir et blanc.

Empilement
membranaire d'un bâtonnet (gauche) et d'un cône (droite).
À l'intérieur des bâtonnets, la substance chimique qui réagit à la
lumière est la rhodopsine. Les substances chimiques sensibles à la
lumière dans les cônes sont collectivement nommées les photopsines et
ne diffèrent que très peu de la rhodopsine.
Lorsque l'énergie lumineuse est absorbée par la substance photosensible,
cette dernière se décompose et entraîne une série de réactions
chimiques. Ces réactions chimiques bloquent les courants sodiques (de
sodium ; Na+) dans la cellule ce qui cré un courant négatif.
Les cellules photoréceptrices (cône et bâtonnets) sont les seules
cellules réceptrices qui, lorsqu'excitées, répondent en générant un
courant négatif. Les autres cellules réceptrices (comme celle de la peau
par exemple) répondent en générant un courant électrique positif.
Le signal négatif (hyperpolarisation),
généré par les cônes et les bâtonnets, est ensuite simultanément
transmis aux cellules bipolaires et aux cellules horizontales. Les
cellules bipolaires convertissent le signal négatif en une excitation des
cellules ganglionnaires dont les axones constituent le nerf optique. Les
cellules horizontales, qui sont excitées par le signal négatif des
cônes et des bâtonnets, projettent latéralement leur axone et inhibent
les cellules bipolaires avoisinantes. Ceci permet d'augmenter le contraste
entre les zones très éclairées et celles qui le sont moins. Le rôle
des cellules amacrines, est moins bien connu. Elles ne sont activées que
pendant une fraction de seconde lors de changement d'intensité lumineuse,
et pourraient participer à une phase rapide d'adaptation ou de transition
d'une luminosité à une autre.
Les cellules ganglionnaires sont
les cellules dont les axones constituent le nerf optique. La plupart de
ces cellules ont un taux de décharge continuelle de 5 potentiels d'action
par seconde, et ce, en l'absence de tout stimulus. Elles peuvent être
stimulées lors de l'excitation lumineuse, ou inhibées par l'inhibition
latérale. Ce sont ces cellules qui transmettent l'information lumineuse
au cerveau. |
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Les
voies centrales.
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C'est au niveau du cerveau que tous ces petits pixels d'information
lumineuse seront analysés et interprétés en une série d'images
cohérentes. Les formes, contours, distances et mouvements deviendront un
tout qui n'aura du sens qu'en fonction des notions et expériences
acquises. Par exemple, si nous faisons porter à quelqu'un des lunettes
qui inversent les images, notre cerveau ne mettrait pas grand temps à
tout redresser pour rendre l'image conforme à la réalité apprise. |
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Exemple d'ambiguïté
visuelle.
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Fichier "PowerPoint"illusions
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Schéma des voies centrales
de la vision. |
Un autre exemple : dans la figure ci dessous vous y voyez possiblement la
tête d'un homme d'un certain âge. Et, vous pourriez même dire qu'il a
une drôle de tête.
Mais, si je vous dit que c'est l'image d'une jeune femme agenouillée, une
main sur son visage et l'autre appuyée sur un genou. Vous pouvez
maintenant reconnaître cette jeune femme, tellement que vous trouverez
encore plus bizarre la tête de l'homme. Par cette exemple, j'ai voulu
démontrer que nous interprétons d'abord cette figure comme étant celle
de la tête d'un homme car il nous est bien plus fréquent de voir des
visages que de voir des jeunes femmes agenouillées. Devant l'ambiguïté,
notre cerveau a choisi l'interprétation la plus facile, la plus courante
(du moins pour la plupart des gens).
Que se cache parmi ces taches?

Réponse au bas de la page !
Pour atteindre notre cerveau, l'information visuelle passe pas les nerfs
optiques. Sous le cerveau ces nerfs se croisent partiellement, de tel
sorte que notre cerveau droit reçoit les informations du champs visuel
gauche et que le cerveau gauche reçoit celles du champs visuel droit.
Dans le cerveau, l'information atteint un premier relais, le corps
genouillé latéral. À ce niveau, l'information commence à se raffiner;
différentes cellules transmettent l'information noir & blanc et
l'information des couleurs; les contours prennent un peu plus de
contraste; et plusieurs cellules répondent aux mouvements.
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Ensuite, l'information est relayé au cortex visuel primaire. Là, les
neurones ne sont plus excités simplement par la lumière. En effet, si
nous regardons un mur blanc, seulement quelques neurones du cortex visuel
primaire seront excités. Mais si nous incluons des lignes noires sur ce
mur blanc, les neurones répondront au contour de ces lignes, à leur
orientation et à leur longueur. Il en est de même pour les couleurs.
Ainsi, c'est au niveau du cortex visuel primaire que nous percevons les
formes, les contrastes et les nuances de couleurs.
Par la suite, l'information se dirige vers d'autres zones corticales
(secondaire, tertiaire, aires visuelles motrice, ect.) où elle sera
d'avantage raffinée. Le mouvement, la perspective, la relativité et les
mouvements oculaires viendront enrichir la qualité de notre perception
visuelle en tenant pour compte la position et le déplacement de notre
corps dans cet environnement.
Avez-vous vu le chien ? |
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